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LE WEEK-END, LE LIEU, LA PASSION, LES GRANDES HEURES

Monuments endormis de l'Histoire automobile, les virages relevés, ou bankings, de l'Autodrome de Linas-Montlhery ont accueilli, en cette fin Septembre 2017, la troisième édition de l'évènement "Les Grandes Heures de l'Automobile".

Ode à la passion pour les véhicules motorisés, ce fut, le temps de deux jours intenses, une occasion de voyager au travers des décennies à la rencontre d'un lieu, des machines et des hommes qui ont marqué cette aventure de la compétition automobile.

ARÈNE MÉCANIQUE

Ce qui frappe le plus quand on s'approche de l'Autodrome, ce sont ces deux virages relevés qui semblent sortir de terre.

Là où les circuits suivent normalement la topographie des lieux, Raymond Jamin a décidé en 1924 de défier la gravité et d'élever les deux courbes principales du tracé.

Cette recherche de la performance donne au circuit une allure d'arène, et ces piliers de soutien sont la parfaite analogie des arches romaines décorant les murs d’enceinte. La richesse des sculptures en moins.

A la manière des monuments de la Rome antique, l'Autodrome se présente à nous comme un lieu de combats et de rivalités, où le public est ici massé de part et d'autre du ruban d'asphalte, pour assister aux joutes routières des concurrents motorisés.

Le sable sec y est remplacé par un tapis vert gorgé de rosée, jusqu'à ce que les premiers rayons de soleil viennent réchauffer les lieux. Et du soleil, il y en a eu plus qu'il n'en fallait!

C'était le temps idéal pour mener ce type d'activité mécanique.

Les habitacles clos et les motards sous leur cuirs ne suffoquaient pas à l'idée de prendre la route, et les courageux en cyclecar ou formule Renault n'ont pas eu à braver les éléments pour avoir "leur dose".

LA PART DU LION

C'est donc sous une météo particulièrement clémente pour un mois de Septembre, que le public a pu flâner dans les allées éphémères de l'évènement.

Chaque visiteur faisait alors ses premiers pas au sein de l'anneau de vitesse sous les yeux de deux 205 Turbo 16, ici présentées dans leur armure de combat PTS d'époque.

Une des forces des Grandes Heures, et on vous le disait déjà l'an dernier lors des Grandes Heures 2016, c'est de faire revivre ces légendes de la compétition, permettant à des pilotes mythiques de prendre le volant de ces monstres mécaniques, allant défier le tracé, le couteau entre les dents.

C'est ainsi que j'ai surpris Sébastien Loeb tirant sa révérence à la T16 qu'il venait de décrasser à la nuit tombée. En vrai, aucune révérence, juste une rampe de phares capricieuse!

A côté de ces machines taillées pour la course, et maniées de main de maître par des pilotes expérimentés, une énorme place avait été faite à plusieurs clubs de véhicules de la marque sochalienne, le 205 GTI Club de France en tête.

Comment ne pas rester bouche bée aussi bien devant la qualité du plateau présenté, que dans l'effort de mise en scène.

Le maître mot était ici RIGUEUR, qu'il s'agisse de la restauration et de l'entretien des véhicule, ou bien de la présentation des voitures pour ce week-end de réjouissances mécaniques.

Mais quel bonheur de voir ces trentenaires (les voitures bien sûr!) dans un état de conservation irréprochable!

Au cœur de toutes les attentions, les 205 ont su poser leurs griffes sur cette édition, éclipsant presque les autres modèles de la marque, eux aussi représentés par leur clubs respectifs.

On pouvait ainsi aller à la rencontre des 406 coupé et 405, épaulées par des modèles plus compacts comme les 306 et 204.

LE GROS DES TROUPES

Même si la place occupée par ces clubs était imposante, il était impératif de se laisser pousser par sa curiosité afin d'aller découvrir d'autres univers, tantôt séparés par un simple ruban de plastique, parfois mélangés entre générations.

C'est ainsi que je suis tombé nez à nez avec une rangée de pétillantes Clio V6 présentées par Clio V6 Passion, interprétation récente (16 ans déjà!) des Renault 5 Maxi par Renault Sport.

Cette sportivité assumée en devenait presque insolante quand, à deux pas de ces citadines bodybuildées, je découvre sous un arbre isolé de la foule, une imposante Jaguar XK-140 Roadster, cherchant un peu d'ombre et de repos au milieu de toute cette agitation.

Le temps se suspend alors, et je reste admiratif des courbes de cette anglaise.

L'élégance et le dynamisme certain qui se dégage de cette carrosserie me font déposer les armes, et je reste là, assis, à me réjouir d'avoir trouver ce pourquoi je suis venu : Une voiture d'exception dans un cadre unique.

Même si le jaguar est un animal d'ordinaire solitaire, dans cet environnement qui est le sien, il se déplace rarement seul. C'est en émergeant de mes rêveries que je m'aperçois qu'un autre félin était tapi non loin de là.

Une Type-E attendait sagement que son propriétaire se restaure au pied de l'arbre précédemment mentionné.

Prise de contact rapide avec le dompteur, et les portières de la voiture s'ouvrent, laissant le champs libre à mon imagination.

Les proportions particulières de ce modèle et la lumière écrasante du milieu de journée ne rendent malheureusement pas hommage au travail de Malcolm Sayer sur ces photos.

L'honneur de la Grande-Bretagne fut quand même sauf.

Certainement au prix d'une traversée de la Manche des plus mythiques, à bord d'un ferry qui valait 3 milliards, l'Angleterre nous avait envoyé l'un de ses plus célèbres gentleman driver : David Piper.

Fer de lance de la manifestation, le pilote était venu se mettre au vert le temps d'un week-end.

Comment ne pas rester admiratif à la fois devant ce parc automobile, mais aussi face à cet homme qui, a 86 ans, parcourt les circuits pour vivre sa passion et partager avec le public ce qui a fait sa gloire et sa plus grande épreuve.

LE REPOS DES GUERRIERS

D'une activité à une autre, et au fil d'une journée rythmée par les successions de session circuit regroupant des autos de mêmes performances, l'heure avançait et la deuxième partie des festivités allait pouvoir commencer!

La foule et l'agitation de l'après-midi avaient laissé place à une atmosphère plus posée en ce début de soirée.

En me dirigeant vers la partie restauration installée à une extrémité du circuit, j'aperçus un petit groupe de personnes attablées sous un barnum, encerclé par divers engins de tous âges et tous types.

Et à quelques mètres de là, sous le regard amusé des convives, le druide local préparait sa potion magique... La Yacco Minute Soup.

Je n'invente rien, preuve à l'appui!

Partout ailleurs, cette scène aurait été trop décalée pour être réelle, mais ici, les moments de convivialité partagés autour d'une passion commune sont le ciment d'un week-end réussi.

Passion et partage seront les deux termes que je retiendrai de cet évènement.

Nous vivons aujourd'hui une époque cruciale pour l'automobile telle que nous la connaissons.

Les motorisations que nous avons connu disparaîtront certainement prochainement.

Puissance, vitesse et plaisir de conduire sont devenus des ennemis publics bannis du politiquement correct (voir cette publicité Alpine censurée en UK).

Les avancées technologiques permettent à l'électronique de s'emparer de nos automobiles sous des prétextes sécuritaires. Initialement prévue pour aider le conducteur, c'est maintenant l'humain qui est relégué au simple rôle de spectateur, aidant la machine en cas de doutes.

Comme l'équitation avant elle, l'automobile se transformera et passera certainement du rang de moyen de locomotion universel à celui d'activité de loisir, praticable seulement dans des espaces aménagés.

Nous amènerons peut-être nos voitures et motos, alors reliques d'un temps révolu, sur un plateau autonome, non polluant et silencieux, allant d'un point A à un point B pour dégourdir les bielles de nos moteurs vieillissants, faisant figure d'ancêtre aux yeux des jeunes générations.

Et si l'autodrome d’aujourd’hui était l'hippodrome de demain?
Texte: Florian K.
Photos: Florian K. / Kevin P.

CE N'EST PAS FINI !

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