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ALFA ROMEO MONTREAL

FAUX SEMBLANTS

#ilétaituneauto

par Florian K.

Un demi siècle d'existence, ça se fête non?

Attention! Alcool et automobile n'étant pas liées pour le meilleur, je vais plutôt me concentrer sur le regard si particulier de cette italienne venue du Nouveau-Monde.

Promis, après on fait la fête.

LE STYLE

La Montreal c'est avant tout un design signé de la main de Marcello Gandini qui travaillait à l'époque pour Bertone.

Son coup de crayon a fait naître les carrosseries plus emblématiques de la seconde moitié du XX ème siècle, parmi lesquelles la Lamborghini Miura, la Lamborghini Countach puis par la suite.... la Citroën BX. Et oui, c'était aussi ça les années 80.

Cette silhouette plongeante accentuée par de hautes ailes avants, laisse apparaitre un parebrise effilé protégeant un poste de pilotage jeté vers l'arrière.

Les portières se terminant par un galbe, donnent un sentiment de dynamisme, laissant place à d'innombrables prises d'air en amont de la roue arrière.

 

Innombrables, pas tant que ça puisque les plus observateurs ont compté 7 prises d'air sur le prototype lors de l’exposition universelle de Montréal en 1967. Les plus ambitieux imaginaient alors qu'Alfa avait dans les cartons un coupé sportif avec un groupe moteur central arrière de série.

C'était une fausse piste.

Le modèle de production n'arborait plus "que" 6 aérations et un moteur situé à l'avant.

 

C'est donc sans contraintes de volumes concernant l'encombrement du moteur, que la carrosserie se termine par une forme typique des coupés des années 70.

Une coupe plongeante mais droite, faisant la part belle à une lunette arrière plus large que le toi lui même!

De face, ce sont surtout les paupières de phares qui viennent signer son allure et qui deviendront le signe distinctif de cette voiture, donnant un look très américain à la face avant, un peu à la manière d'une Chevrolet Camaro des années 60 qui arborait une longue calandre horizontale allant d'un phare à l'autre.

Selon l'angle avec lequel on regarde la voiture, on peut ou non y voir au travers, ce qui laisse apparaitre quatre phares ronds comme autant de garde du corps du blason Alfa Romeo logé dans la calandre triangulaire si chère au constructeur.

Au delà de l'impact visuel et de l'audace technique, ce prolongement du capot a une réelle incidence sur l'aérodynamisme. Quelque kilomètres par heure peuvent ainsi se perdre en vitesse de pointe lorsqu'elles sont repliées sous les optiques.

LA TCHATCHE

 

Le prototype présenté en 1967 ayant reçu un bon accueil à Montréal, la production du modèle de série fut lancée en 1971 après quelques ajustements peu nombreux, mais de taille.

 

Le 4 cylindres de la Giulia utilisé sur le prototype laissa ainsi sa place à un moteur V8 de 2.6L offrant 200ch sous le pied droit dans un vrombissement que seules "les anciennes" savent produire.

Cette vidéo de la chaîne DtRockstar1 nous fait profiter du son du V8, après une rapide présentation de la voiture.

Utilisant comme base le 2.0L V8 de l'Alfa tipo 33, ce bloc de course a vu sa cylindrée augmenter pour s'assouplir et offrir un agrément de conduite bien plus civilisé que son ainée.

Ce fut aussi l'occasion d'implanter un système d'injection de carburant à la place des carburateurs.

Cette avancée technologique n'a cependant pas fait l'unanimité auprès des amateurs de la marque...

Et comment leur donner tort 50 ans après, quand un rapide coup d’œil sur un moteur de recherche nous propose directement "Fiabilité Alfa Roméo Montreal" comme suggestion, mettant en avant les préoccupations principales des potentiels acquéreurs de ce modèle.

Très performante dans l'absolu, l'injection Spica pouvait se montrer capricieuse et difficile à entretenir à la longue.

Les innovations d'un jour deviennent souvent les problèmes du lendemain, et nombreux sont les petits tracas causés par les équipements au fil de leur vieillissement, ce qui ne concerne d'ailleurs pas que Alfa Romeo.

L'identification d'un modèle par sa clientèle et son placement dans une gamme automobile est aussi une chose importante pour la survie d'une voiture.

On la classerait aujourd'hui dans la catégorie des coupés Gran Tourisme en composant avec ses compromis.

Mais à l'époque, le segment occupé par cette Alfa la mettait en concurrence direct avec des sportives mieux abouties et autrement plus acérées (parfois plus chères, Aston Martin en tête de liste).

Les comparaisons furent donc fréquentes, et rarement en faveur de l'italienne.

La partie châssis dérivée de l'Alfa Romeo Giulia et le système de direction utilisé ne pouvait rivaliser avec une crémaillère bien plus précise, ce qui ne permettait pas d'exploiter au mieux la cavalerie disponible, le comportement en courbes ne faisant qu'accentuer le manque d'agilité d'une plateforme vieillissante.

Cet aspect du marché, complété par un bouleversement en cours de carrière compromit gravement le futur la Montreal.

FIN DE SOIREE

Lorsqu'en 1973, la crise pétrolière frappa de plein fouet l'industrie automobile, les volumes de production prometteurs des deux premières années (668 en 1971 et 2377 exemplaires en 1972), s’effondrèrent pour plafonner à un timide volume de 325 unités en 73. Le déclin était amorcé et la Montreal ne remontera jamais la pente.

Ce sont en tout 3925 exemplaires qui ont été produits de 71 à 77.

 

Ces chiffres méritent quand même une petite précision...

 

Le principal article francophone concernant la Montreal consultable sur Wikipedia laisse planer un doute sur la date et la façon dont a eu lieu la fin de production du modèle et les nombreux sites ayant repris l'information sans la vérifier n'aident pas à y voir plus clair.

Tout part d'une erreur de traduction.

L'article laisse penser qu'il y est question d'un possible assemblage/refabrication d'Alfa Roméo Montreal par la firme ISO Rivolta jusqu'en1994.

Or, l’entreprise a subit de plein fouet la crise de 73, et sa brève apparition en compétition n'a fait que précipiter la chute du constructeur, qui ferma ses portes en 1974.

Comment la firme aurait elle pu continuer pendant 20 ans à écouler des répliques de Montreal sans vraiment exister?

 

L'accent doit-être mis sur le fait qu'il s'agit ici de Paolo Curti, dont le rapport avec ISO est d'en être actionnaire minoritaire, et non de la firme elle-même.

Tous ces éléments sont mentionnés sur Wikipédia, mais jetés les uns à la suite des autres, le sens des propos fini par se perdre.

 

Les faits devenant plus logiques, la suite reste inchangée.

De petites séries auraient été assemblées, évoluant au fil du temps en fonction des stocks restants, pour finir par un ultime modèle vendu en Suisse courant 1994.

 

Pour trouver des informations de qualité, que vous soyez propriétaire d'une Montreal ou en passe de l'être, le site anglophone www.alfamontreal.info doit devenir votre site de référence en la matière.

M. Taylor a fourni un travail considérable en réunissant autant d'informations sur le modèle. Produits dérivés, apparitions au cinéma, références de pièces etc... Tout y passe!

REVEIL TARDIF

 

Dès son lancement, il était certain que la Montreal marquerait les esprits. Malgré une carrière écourtée et une traversée du désert avant les années 2000, elle fait aujourd'hui partie des automobiles d'exception, et un rapide coup d’œil à la côte de revente montre bien que l'engouement n'est pas prêt de finir.

Mais l'aspect financier n'est heureusement pas le seul ni le principale indicateur pour savoir si une voiture a marqué son époque.

La plus belle des reconnaissances, c'est quand même de voir revenir son héritage sur le devant de la scène.

C'est en 2006 que la firme au Biscione revient à ses racines de constructeur de voiture de sport et présente la 8C Competizione.

Coupé sportif équipé d'un V8 sous le capot avant et passant la puissance au sol via les roues arrières, le parallèle avec la Montreal paraît alors évident du côté de la mécanique.

Alfa Romeo 8C Competizione 2007

Même si les paupières de phares ont disparu, que dire de cet avant plongeant aux larges et hautes épaules?

Et la forme de la vitre avec son cerclage chromé ne vous rappelle rien?

L'arrière fini de signer l'appartenance visuelle de la 8C à la lignée des coupés sportifs de la marque en s'inspirant des plus célèbres d'entre eux, Montreal en tête.

Ce n'est pourtant certainement pas la seule source d'inspiration pour cette 8C.

La forme générale de la carrosserie, et les grilles cachées derrières les répétiteurs de clignotants avants font, à mon avis, directement référence à la Tipo 33 dessinée par Franco Scaglione. Celle là même qui a fourni son bloc moteur pour animer la Montreal.

La boucle est bouclée, et la lignée est retracée avec, en prime, des ancêtres de grande renommée!!

Si ces quelques lignes ont éveillé chez vous une curiosité sans fin et que vous souhaitez approfondir l'histoire de ce modèle, ou de la marque Alfa Roméo, nous vous proposons ci-dessous une sélection d'ouvrages de référence :

FICHE TECHNIQUE

Années de production : 1971 - 1974

MOTEUR 

- Cylindrée : 2593 cm3
- Type : 8 cylindres en V à 90°, 8 soupapes

- Position : Longitudinal avant
- Allésage x course : 80 x 64.5 mm
- Alimentation : Injection indirecte Spica
- Puissance :  200 Ch DIN à 6 500 trs/min
- Couple : 24 Mkg à 4 750 trs/min

- Transmission : Propulsion
- Boîte de vitesse : Manuelle à 5 rapports



CHÂSSIS

- Direction : Recirculation de billes
- Suspensions Avant : Double triangulation
- Suspensions Arrière : Essieu rigide
- Freins avant : Freins à disques en 272 mm
- Freins arrière : Freins à disques en 284 mm
- Pneus : 195/70R14



DIMENSIONS

- Longueur : 4220 mm
- Largeur : 1672 mm
- Hauteur :  1205 mm 
- Empattement : 2350 mm

- Voie avant : 1374 mm

- Voie arrière : 1340 mm


- Poids : 1270 kg
- Réservoir : 63 litres 


PERFORMANCES

- 0-100 km/h : 7,1 secondes
- Vitesse maximale : 220 km/h
- Rapport poids/puissance : 6,35 kg/ch
- Rapport puissance/litre : 77,13 ch/L
- Consommation mixte : 13 L/100 km

CE N'EST PAS FINI !

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